L’avant-première du Grand Méchant Renard, nouvelle création de la compagnie Les Jeux de vilains, par Cyril Varquet

L’avant-première du Grand Méchant Renard, nouvelle création de la compagnie Les Jeux de vilains, par Cyril Varquet

Tout a débuté suite à un coup de cœur pour la bande dessinée de Benjamin Renner, Le Grand Méchant Renard aux éditions Delcourt, 2015. Cécile Hurbault et Isabelle Chrétien ont adapté l’ouvrage sous forme de spectacle de marionnettes. Certains membres de l’association Val de Lire ont pu assister à l’avant-première le samedi 18 novembre dernier à seize heures…

Petit portail vert pour entrer dans le jardin, direction la grange aménagée en salle de spectacle. La pièce est remplie de personnes de tous âges (un public familial), prêtes à connaître l’histoire du Grand Méchant Renard.

Un début très participatif où il faut faire croire à ce cher renard qu’on frissonne de peur, pour satisfaire son égo certainement. « Au secours, j’ai peur ! », s’écrient les enfants et les adultes amusés par la situation. En revanche, il y a un gros problème : le renard qui, certes, terrifie les enfants, n’arrive pas à effrayer la poule qui ne cesse de remporter les combats face à ce dernier. Mais le renard a plus d’un tour dans son sac et se confie à un animal, emblème de la peur : le loup. Il lui ordonne de voler les trois œufs de la mère poule pendant la nuit.

Un fond musical est posé, lancé par la comédienne Cécile, seule sur scène, s’occupant aussi de la lumière et de la manipulation des marionnettes (une vraie épreuve physique !). Elle a à portée de mains les marionnettes, les décors (illustrations confiées par Benjamin Renner) et la technique. Une scénographie savamment inventée pour favoriser la proximité et l’interactivité avec le public.

Le renard s’empare donc de ces fameux œufs mais apprend qu’il faudra les couver pour pouvoir les savourer, six mois après l’éclosion. Ordre du loup !

Mais que faut-il faire lorsqu’au fur et à mesure, le renard est pris d’affection pour ces petits qui, de leurs petites voix lui répètent inlassablement « Maman, regarde ! Nous sommes des renards ! » ? Les protéger et suivre son instinct, c’est ce que fait Renard qui, par la même occasion, tente d’échapper à l’interrogatoire coriace de Cochon et Lapin.

« – Dis Renard, est-ce que tu nous as menti ? 
- Non ! 
- Très bien, bonne journée ! »

Mais le loup, lui compte bien manger les petites créatures… La seule solution trouvée : retourner dans la ferme. Rien ne se passe comme prévu. Une fin rocambolesque qui, je vous rassure, se termine très bien.

« Vous voyez aujourd’hui le fruit d’un travail de deux semaines intensives ici en France » nous a informé Isabelle, une montréalaise, responsable de la conception des marionnettes en mousse qui a accueilli Cécile en résidence à Montréal dans le courant de l’année pour commencer le travail. « Un grand stress pour tout le monde puisque nous jouerons pour la toute première fois à la trente-quatrième édition de BD Boum dans quelques jours… »

Des marionnettes sculptées dans la mousse qui semblent être vivantes. Une boite magique qui permet de faire voyager les spectateurs en posant les différents décors. Une histoire classique toutefois remplie de rebondissements et de touche d’humour. Un jeu extrêmement énergique de la comédienne. Vous l’aurez compris, ce sont quarante minutes de rire et de détente, mais aussi de questionnement sur l’identité et le plaisir pour nous de parler avec les créatrices à la fin de la représentation.

Puisque nous avons aimé, le spectacle sera programmé à l’occasion du 33e Salon du Livre Jeunesse de Beaugency le dimanche 15 avril 2018 !